Exposition ENFANTÔMES de Tristan Felix avec Nélida Médina & Laure Missir

Nous vous proposons une exposition d’une centaine de dessins, de photographies fantômes et de poèmes, escortée par les créatures du Petit Théâtre des Pendus qui feraient l’objet d’un spectacle de marionnettes, issues du même esprit onirique et fantastique. Je propose aussi une courte conférence animée sur la nature particulière de ces dessins et le travail de la marionnette.

Ces dessins,
dits médiumniques ou oniriques — autre forme d’écriture ou de calligraphie —sont réalisés à la plume et à l’encre de Chine. Ils naissent au fur et à mesure des propositions inconscientes de la plume, considérée comme « médium » ou porteuse d’augures, c’est-à-dire de ce qui doit advenir. « Écrans » paradoxaux, ils révèlent tout en dissimulant. Dès qu’une figure reconnaissable surgit, la plume s’en empare, quitte à l’abandonner provisoirement pour surprendre d’autres motifs en gésine, capables de récupérer cette figure sous d’autres auspices — et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un tout semble cohérent dans son rêve.
Certains dessins ont pris appui sur des modèles (bouts de squelette, visages), comme prétextes à exploration d’autres univers. La figuration n’est qu’une des modalités du rêve. Exécutés en état d’abandon à l’affût, ces dessins laissent émerger ce que la conscience offusque. Ils sont les capteurs d’un ailleurs proliférant, comme l’est toute matière organique soumise à une métamorphose infinie.
Les titres ne sont que des propositions-repères puisque chaque dessin est lisible en plusieurs sens, selon le point de vue, l’état de conscience et le moment. Je vous laisse deviner qui est qui et quoi est quoi, d’après les titres ci-dessous.

Les photographies sont des saisies de formes sur des murs d’église ou de vieilles pierres en réfection. De même que les dessins délivrent des formes mouvantes et inattendues, la lèpre des murs fait apparaître des formes fantastiques que l’œil « reconnait » comme une constellation. Au spectateur d’imaginer ce qui lui est donné à voir.

Les poèmes sont attachés à la notion d’augures, de sorts, et de surgissement du temps, très attentifs aux images de l’inconscient mais captés dans une forme dense et tenue. Poésie magique, donc, qui renoue avec les arcanes de la mystérieuse parole. Poésie engagée aussi, au plus près de la souffrance, de l’humiliation et de l’exploitation.

il dort contre un camion
à hauteur de roue
la chaleur l’égare

le ciel est plus épais que vaste
craquelé aux angles
grimé d’ocre

la benne est béante sur l’asphalte
un grand ibis rouge pèse au fond
l’illusion du monde
plus que sa peur

ses pattes ont tenu bon, je crois

(extrait de SORTS, éd. Henry, 2015)

Tristan Felix : Poète polymorphe qui décline la poésie sur tous les fronts : écriture, dessins, photographies, clown et marionnettes tutoient la mort avec l’audace des enfants.

Laure Missir : Découper des images, les recomposer dans l’ordre du désir, voilà en quoi consiste le collage pour Laure Missir qui coupe, colle et recompose des images dans le désordre du désir, de la colère ou du jeu….

Nélida Médina : PEINTRE GRAVEUR Diplômée d’Arts Plastiques de Paris I Sorbonne

http://lusineamuses.free.fr/
http://nelida.free.fr/
http://lauremissir.blogspot.fr/

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